Interview

Lucien Chotard, l’étudiant qui multiplie les projets

Kélia Siao
Kélia Siao

Touche-à-tout et créateur de nombreux projets, Lucien CHOTARD, étudiant en quatrième année du programme Grande École, nous parle de son lien avec le travail ainsi que de la construction de ses projets tous aussi ambitieux les uns que les autres.

Publié le 7/03/2022 — Temps de lecture 5 min

Pourquoi avoir choisi HETIC ?

Lorsque j’ai eu mon BAC, j’étais partagé entre l’art, l’illustration et la création de projets web. Finalement, j’ai fait un choix purement pragmatique car je savais que c’était très difficile de vivre de l’art comparé au web. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire, et aujourd’hui c’est toujours le cas, mais  je sais que je ne veux pas travailler dans un seul domaine. HETIC était donc la voie qui me correspondait le mieux.

Quel est ton lien avec l’art ?

J’ai grandi dans l’art, j’ai fait pas mal de musées quand j’étais petit, sans aimer ça, mais au final ça a dû jouer. L’illustration fait partie des activités où, lorsque je commence à en faire, il n’y a plus rien autour et je n’ ai plus la notion du temps même si je ne me considère pas comme un artiste. Aujourd’hui, je fais de l’illustration en freelance or, le problème c’est que lorsque l’on dessine pour des clients, ces derniers se sont, avec le temps, adaptés à un certain style. Finalement, ce que je serai amené à faire en perso me poussera beaucoup moins à sortir de ma zone de confort.

Comment as-tu appris le développement web ?

Au collège, j’avais acheté les livres de Mathieu Nebra du Site du Zéro. et j’ai commencé à expérimenter de mon côté en faisant quelques sites. Mais j’ai surtout commencé à toucher au code car, aimant jouer aux jeux vidéo, j'aimais pouvoir tricher. J’ai donc pu apprendre et créer des cheats sur certains jeux. Cette appétence à zigzaguer sur les règles m’a permis d’acquérir de nombreuses compétences.

Avoir des compétences dans ce domaine t'a-t-il aidé en rentrant à HETIC ?

Oui, car dans ma promo en première année, beaucoup de gens n’avaient jamais fait une ligne de code et le fait d’avoir déjà des acquis était un avantage, mais l’écart se comble très rapidement. Et dès la seconde année, on commence à faire des choses un peu plus compliquées. En fait, lorsque l’on est autodidacte, on n’a pas forcément toutes les bonnes pratiques et avoir des cours nous permet de connaître de meilleures pratiques.

Aimes-tu travailler en équipe de manière générale ?

Je suis quelqu’un de très solitaire à la base dans le travail : le moins de personne à qui je parle, le mieux je me porte. J’ai beaucoup de mal avec le consensus et les compromis dans les travaux de groupe. Mais lorsque l’on a des deadlines à respecter et des ambitions sur d’autres projets, on est obligé de s'entourer et, idéalement, de personnes plus qualifiées que soi.

Tu as beaucoup de projets dont Sandwich Studio, peux-tu nous en dire plus ?

C’est une petite agence web née d’un projet pédagogique en H3 qui nous permettait de travailler sur un projet concret qui nous bénéficierait à la fin. C’est une agence spécialisée dans la création d’expériences interactives avec du marketing digital, du design et de la création de sites web. Dès que l'on a un projet, soit je le réalise soit je le propose sur le groupe de ma promo, ce qui donne donc du travail à qui en a besoin.

Comment est-ce que tu as fait connaître Sandwich Studio ?

Ce qui a rapporté le plus de prospects, c’est Facebook Ads où j’ai fait tourner des campagnes publicitaires pendant un bon moment, le temps de travailler sur le SEO (rédaction d’articles, optimisation du site etc.). Ça a bien marché, même si ça a pris du temps puisqu’il faut entraîner l’algorithme pour avoir des prospects pertinents par rapport à l’activité

Quelle est ton activité principale aujourd’hui ?

L’activité qui me fait vivre aujourd’hui, c’est la vente de packaging.

Ce qui est bien, c’est que j’ai des clients depuis longtemps et que le packaging est un consommable donc on en a toujours besoin. Les clients, à moins d’aller voir ailleurs, restent la plupart du temps, il y a donc une lifetime value qui est intéressante.

As-tu d’autres projets en parallèle ?

Il y a Hive Five, qui est un projet mêlant les NFT, cryptomonnaie et les œuvres de charité. Il permet de fournir aux donateurs un écosystème qui leur permettra de générer un revenu passif tout en bénéficiant de contenu éducatif. Ils auront donc une donation qui donne une valeur sur le marché en pouvant le revendre par la suite. De plus, le but est de générer un sentiment d’accomplissement suite à leur donation puisqu’ils auront un retour et suivi de l’impact sur l’environnement à travers l’installation des ruches connectées.

D’où te vient l’idée de Hive Five ?

Mon co-fondateur et moi sommes sensibles depuis plusieurs années aux œuvres de charité et l’on s’intéresse beaucoup à la cryptomonnaie et aux NFT. Le problème avec les NFT c’est que l’on voit des personnes qui ne sont pas forcément dans ce domaine et qui pensent que c’est basé sur du vide.

Ça fait longtemps que je voulais me lancer dans un projet sur les NFT mais je n’avais pas forcément d’idées : il fallait donc que ce soit parlant pour tous, et vu que l’on s’intéresse aux œuvres de charité, on a essayé de voir ce qui pouvait être amélioré par l’utilisation la blockchain et des NFT. 

Ce projet t’a-t-il permis d’apprendre de nouvelles choses ?

Oui, ça m’a forcé à sortir de ma zone de confort, j’ai appris plein de choses sur les abeilles et même sur l’aspect technique, avec le fonctionnement des NFT, du stockage des données, etc. Ça m’a permis d’aller plus loin tout en mettant à profit ce que j’ai pu apprendre à HETIC. 

Que comptes-tu faire après avoir terminé HETIC ?

Je ne compte pas travailler en entreprise. Pour moi, je suis inemployable : j’ai beaucoup de mal avec tout ce qui est horaire et hiérarchie. J’aurai trop de mal à travailler pour un projet qui n’est pas le mien et porter des idées qui ne sont pas les miennes. Je compte continuer ce que je fais maintenant ; c’est-à-dire créer des projets en emmenant mes idées le plus loin possible.