Interview

"Mon rôle est de développer l'innovation au travers de partenariats et de projets à impact", entretien avec Serhat Yildirim

Joshua Tabakhoff
Joshua Tabakhoff

Héticien très actif dans la vie de l’école Serhat Yildirim, diplômé de la P2020, est le Cofondateur de HETIC for Good et l’actuel responsable du Pôle Innovation au Hub HETIC qui signe la fin de son premier appel à projets. À cette occasion, il revient sur le chemin parcouru pour nous en apprendre un peu plus sur l’association à dynamique entrepreneuriale de l’école.

Publié le 7/06/2021 — Temps de lecture 6 min

Tu fais partie du Hub HETIC depuis ses premiers jours, est-ce que tu peux nous présenter ta mission ?

Oui bien sûr ! En tant que membre fondateur aux côtés de Emilie Robert, ma première mission est de parvenir à donner vie à notre vision commune qu’est le Hub.
Ayant des valeurs d’engagement, de partage mais aussi d’innovation, mon rôle principal est de développer ce dernier aspect au travers de partenariats et de projets à impact organisés sous l’étiquette du Pôle Innovation.

Quel lien peut-on faire entre HETIC for Good et le Hub HETIC, que ce soit dans l’écosystème HETIC ou même pour toi personnellement ?

Le principal lien entre ces 2 organisations est bien sûr l’aspect impact. HETIC for Good est un collectif d’étudiants souhaitant sensibiliser les étudiants et l’administration aux problèmes sociaux et environnementaux auxquels fait face notre société au travers de projets Tech For Good ou alors d’améliorations au sein de l’école. Le Hub HETIC est un espace de rencontres entre les étudiants et les acteurs externes que sont les entreprises, les ONGs ou encore les scientifiques, pour ne citer qu’eux, souhaitant collaborer pour trouver des solutions concrètes à ces problématiques.

Au sein du Hub, tu gères le Pôle Innovation qui vient d’achever sa première année, son premier “batch”. Comment s’est déroulée l’organisation ? 

Tout s’est très bien passé ! L'administration a tout de suite cru en notre projet et nous a permis de pitcher devant les 1er années en Mastère Big Data & IA et ainsi récolter 20 candidatures pour 5 places, réparties sur 2 projets. Les étudiants ont été vraiment engagés du début à la fin et nous avons pu réaliser ensemble de beaux projets. Nous avons aussi eu la chance d’avoir un super partenariat avec l’association Deepnet.fr dont fait partie Max Cohen qui nous a accompagné et qui a cru en notre projet. Un grand merci à lui ! Il a été incroyable pendant ces 3 mois, sans lui nous n’aurions pas pu lancer le pôle cette année.

5 étudiants répartis en 2 projets. C’est des beaux chiffres pour une asso aussi jeune, félicitations. Quels étaient les projets et comment se sont formées les équipes ? 

Les 5 étudiants issus de première année de Mastère Big Data & IA ont travaillé sur les projets suivant :

Open Food Facts 3 étudiants ont travaillé sur une problématique de Computer Vision dont l’objectif était de reconnaître un produit alimentaire à partir d’une image pour ainsi retrouver la fiche caractéristique celui-ci en se basant sur la base de données. L’équipe a par ailleurs rédigé, en anglais, une étude de cas de leur projet accessible ici.

DengAI — le deuxième groupe de 2 a travaillé sur une compétition Data Science liée au monde de la santé et notamment à la maladie de la Dengue qui fait 96 millions de malades par an et 20 000 morts environ dont une très forte proportion d'enfants.
L’objectif ici était de créer un modèle d'apprentissage automatique capable de prédire avec précision le nombre de cas hebdomadaires de dengue qui se produiront à deux endroits : San Juan à Porto Rico, et Iquitos au Pérou. De la même manière, l’équipe a produit une étude de cas en anglais sur ce projet que vous pouvez lire ici.

Quel accompagnement ont-ils reçu du Hub HETIC et de vos partenaires ?

Nous avons cadré les projets et effectué des suivis réguliers toutes les 2 semaines avec, à chaque fois, un expert expérimenté et compétent dans le domaine pour orienter les étudiants vers les bonnes pratiques, les bonnes technologies, les bons modèles, etc.

Aussi pour les remercier pour leur engagement, nous leur avons réservé 3 sessions de coaching sur des sujets techniques ou théoriques avancés de leur choix pour qu’ils puissent aussi profiter de l’expérience des experts pour en apprendre plus.

Est-ce qu'il y a un lien avec les projets pédagogiques ?

Non. Nous avons volontairement fait le choix de rester indépendant (mais connecté tout de même) de la pédagogie. D’une part parce que le Pôle-Innovation s’étant lancé en plein milieu d’année, il aurait été compliqué pour la l’administration de repenser le programme pédagogique en cours de route. D'autre part, parce que ce programme a pour volonté de proposer des projets assez long (3 à 6 mois), et peut être un peu avancé techniquement pour être correctement cadré à grande échelle pour une classe de 50 à 100 élèves.

Pour beaucoup d’entre nous, le Big Data, la Data Science, le Machine Learning, etc. restent des buzzwords plutôt flous. Qu’est-ce que cela signifie ? 

Il est vrai qu’il y a un fantasme autour de tous ces termes mais pour faire simple, la Data Science est l’art de faire parler les données permettant d’en apprendre plus sur la situation d’une entreprise ou d’un problème et ainsi d’être mieux informé pour prendre des décisions optimales. Le machine learning est quant à lui un concept d’apprentissage des données, d’automatisation et de prédiction de situations futures à partir de données passées.

Est-ce que le Hub, et tes engagements associatifs comme la création de l’asso HETIC for Good, t’ont aidé à prendre confiance en tes compétences et à te créer une expérience ? 

Clairement ! J’ai pris beaucoup de confiance en moi en ce qui concerne le management et la gestion de projet. C’est au travers de ces projets que j’ai pu comprendre l’importance d’avoir toujours un “lead” dans une équipe. Sans ce type de profil moteur, il est fort probable que l’équipe se disperse et que le projet stagne. Un leader n’est pas forcément la personne la plus compétente mais celle qui sait le mieux définir un cadre de travail et fédérer son équipe pour garder une constance de travail et atteindre les objectifs. Contrairement à ce que l’on pense, développer des qualités de leadership s’apprend et cela peut vraiment aider dans votre vie professionnelle et personnelle.

Tu es Data Engineer chez Fifty-Five, est-ce que tu peux nous présenter comment se déroule une journée type pour toi ?

En tant que Data Engineer chez 55, je suis chargé de développer et maintenir des processus de collecte, de transformation et de stockage de données à grande échelle. Chaque jour est différent mais pour simplifier cela, je commence ma journée par vérifier que les processus en cours, dont je suis responsable, ont bien tourné durant la matinée. Ensuite avec le reste de mon équipe Data Engineering nous avons un point de 30 min pendant lequel nous expliquons ce que nous allons faire pendant la journée. Suite à cela je commence à travailler sur les projets en cours et participer aux meetings et points d’avancement. Chez 55 chaque Ingénieur Data travaille sur plusieurs projets clients en même temps, donc il faut savoir s’organiser pour compléter ses tâches à temps.

Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ton parcours, qu'est-ce qui t'a amené jusqu'ici et ce que tu envisages pour la suite ?

Concernant mon parcours, j’ai réalisé un BTS Management des Unités Commerciales avant de rejoindre HETIC en 1ere année du programme Grande Ecole que j’ai quitté en 4e année pour me spécialiser en Mastère Big Data & IA, toujours à HETIC. Ayant rejoint 55, l’entreprise que je souhaitais intégrer en CDI, mon seul objectif pour le moment est de continuer à progresser dans mon métier en apprenant aux côtés d'experts très qualifiés, à monter en compétence et à préparer de belles certifications attestant mon savoir-faire. Mon but est principalement de m’élever techniquement et en gestion de projet.