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Interview

“Se poser trop de questions ne sert à rien : il faut foncer et se faire confiance”

Publié le 7/10/2020
par Catinca Gheorghiu

Temps de lecture: 6 min

Pour faire des études, l’âge ne compte pas. Après dix ans d’une vie professionnelle dense mais peu épanouissante, Nawel Ramy se lance un défi : la reconversion. En 2019, l’ancienne agent de station à la RATP change d’univers. Elle rejoint le Bachelor Webmarketing & UX à HETIC.

Ma zone de confort, mon ennemi juré.” En juin 2020, Nawel Ramy avait posté sur LinkedIn un billet. Sa Rétrospective personnelle. Un message pour encourager chacun à franchir le pas, “transformer la peur en moteur”. Tout juste dix ans après avoir décroché le baccalauréat, elle avait décidé de “changer de vie”, et d’entamer sa reconversion à HETIC. Jusqu’à parvenir à un sentiment d’accomplissement et d’épanouissement qui lui avait toujours manqué.

Vous avez fait un bac littéraire. Quel a été votre parcours scolaire ? Saviez-vous ce que vous vouliez faire comme métier à l’époque du lycée ? 

Nawel Ramy : Je dirais que mon parcours scolaire fut assez classique. Je me suis dirigée vers un bac général, mon but à l’époque étant de fuir toute matière scientifique. Je me suis donc tout naturellement orientée vers un bac littéraire. Lorsque j’étais au collège, je songeais à devenir professeur d’anglais car j’adorais ça. Mais j’ai fini par abandonner cette idée au lycée.

Vous avez entamé des études en littérature et civilisation étrangères, à l’université. Avec quelles intentions ?

Nawel Ramy : Des raisons personnelles m’ont poussées à mettre un terme à ces études. Ce que je visais alors, c’était de trouver un poste dans une entreprise pérenne, qui m’offrirait à terme des possibilités d’évolution. Je ne visais pas un poste spécifique à l’époque, tout ce qui m’importait était d’être indépendante et d’entrer dans la vie active.

Plus que d'un déclic, l'envie de reconversion de Nawel Ramy s'est nourrie d'un sentiment d'inachevé. Dix ans avant de rejoindre le campus HETIC, elle avait été contrainte d'interrompre ses études universitaires initiales. (Photo © DR)

Avant de reprendre des études à HETIC, vous avez travaillé pendant quelques années. Quelles ont été vos expériences professionnelles avant la reconversion ? 

Nawel Ramy : J’avais effectivement cumulé pas mal d’années de travail avant d’entrer à HETIC. J’avais déjà travaillé durant mes études dans des entreprises de restauration rapide telles que McDonald's ou Subway. Ma dernière expérience professionnelle significative était au sein de la RATP où j’ai exercé le poste d’animateur agent mobile durant six ans. Pour le dire plus simplement : agent de station.

Quelles impressions générales avez-vous tirées de la vie professionnelle ? 

Nawel Ramy : Comme beaucoup de jeunes qui se lancent dans la vie active, j’étais contente de toucher mes premiers vrais salaires. C’est la seule chose qui m’importait vraiment à l’époque. J’étais très impliquée dans mon travail et plutôt satisfaite de mon quotidien. J’appréciais de travailler et collaborer avec du monde. Quelles que soient les difficultés en interne, cela me plaisait. 

Comment votre reconversion s’est-elle décidée ? Est-ce une question de déclic ? 

Nawel Ramy : Cela n’a pas vraiment été un déclic à vrai dire. Au fil des années, j’ai commencé à éprouver des regrets d’avoir mis un terme à mes études. Ce sentiment d’inachevé persistait et l’élément déclencheur a été mon conjoint. C’est lui qui m’a poussée à sauter le pas. Je n’étais plus épanouie et je ne supportais plus l’environnement dans lequel je travaillais au quotidien. 

Une des convictions de Nawel Ramy a été résumée par le romancier brésilien Paulo Coelho : “La peur de se tromper est la porte qui nous enferme dans le château de la médiocrité. Si nous parvenons à la vaincre, nous faisons un pas décisif vers notre liberté.” (Photo © DR)

Comment avez-vous découvert le monde du digital et notamment celui du design web ? 

Nawel Ramy : Plusieurs personnes dans mon entourage travaillent dans ce domaine, ainsi que mon conjoint. C’est lui qui m’a présenté les différents métiers du digital et après avoir longuement échangé avec lui et des amis, l’UX design [design d'expérience utilisateur] s’est imposé comme une évidence. 

Quelles sont les difficultés à traverser pour se reconvertir, par exemple pour l’organisation familiale ou la motivation ? 

Nawel Ramy : Si l’on pense à tout ce que cela implique, c’est un processus qui peut s’avérer anxiogène ! En ce qui me concerne, ma détermination personnelle et le soutien de mon conjoint ont été déterminants. Je suis de nature anxieuse ; ce fut par moments assez éprouvant sur le plan émotionnel. Mon projet impliquait de prendre un crédit étudiant, de me lancer dans une multitude de démarches, ce à quoi venait se greffer tout un tas d’incertitudes concernant la finalité de mon projet. Je pense avec le recul que se poser trop de questions ne sert à rien, il faut foncer et se faire confiance. 

De quelle manière avez-vous connu HETIC et qu’est-ce qui vous a poussé à choisir la formation Bachelor Webmarketing & UX ? 

Nawel Ramy : Lorsque nous avons, mon conjoint et moi, débuté notre recherche pour trouver une formation, il a rapidement mentionné HETIC. Il avait eu vent de sa réputation et m’a présenté le cursus Bachelor Webmarketing & UX. Le programme de la formation correspondait à ce que je recherchais. J’ai également appris en parallèle qu’un ami avait suivi le cursus Grande École il y a quelques années. Tous les bons retours qui m’ont été faits sur l’école, de même que le programme, ont conforté mon choix d'intégrer HETIC. 

Durant la première année de Bachelor Webmarketing & UX à HETIC, un des projets marquants a été la conception du portfolio. Celui de Nawel Ramy est visible sur : nawelramy.myportfolio.com (Photo © DR)

Quelle a été votre expérience à HETIC ? Quel projet vous a le plus marqué ? 

Nawel Ramy : Je ne tire que du positif de mon année à HETIC. Ce fut une année chargée en émotions pour moi et les débuts furent un peu éprouvants, car il m’a fallu un temps d’adaptation. Je ressentais une grosse fatigue et il m’est arrivé de penser que je n’y arriverai pas. Mais cette année m’a permis de me confronter à mes peurs et de sortir de ma zone de confort. Le rythme soutenu imposé m’a forcée à me dépasser et à bousculer mes habitudes. Je tiens pour cela à remercier les intervenants et l’équipe pédagogique pour leur accompagnement. Si je devais retenir un projet, ce serait celui du portfolio. J’y ai découvert le développement front-end et ce fut une agréable surprise. J’ai pris beaucoup de plaisir durant cette semaine. 

Quels sont vos projets pour l’avenir ? 

Nawel Ramy : J’ai toujours pour projet de devenir UX designer. Je continue donc mes recherches afin de trouver une alternance, qui doit commencer en décembre 2020. En parallèle, je vais passer un concours pour intégrer une nouvelle école [Sup de Création] et poursuivre sur une troisième année, où je compte me spécialiser en design. Je n’envisage pas de baisser les bras et je suis curieuse de voir ce que me réservent les mois à venir.


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